La semaine dernière, j'ai eu une surprise : Anthropic a décidé de restreindre l'accès à son API pour les outils tiers comme OpenClaw. Concrètement, impossible de continuer à utiliser OpenClaw avec mon abonnement Anthropic — il faudrait désormais passer par l'API payante, en plus de l'abonnement que je paie déjà. Pas question de doubler la note. Du jour au lendemain, il a fallu tout repenser. Bienvenue dans le quotidien d'un early adopter.
OpenClaw, c'était quoi ?
OpenClaw est un outil open source qui permettait de piloter des agents IA connectés à ses services du quotidien. Je m'en servais pour créer des agents autonomes capables de lire mes mails, mettre à jour Notion, interroger mes bases de données, surveiller des flux d'information. C'était mon poste de commandement IA.
Le problème : Anthropic a coupé la possibilité pour OpenClaw d'utiliser l'abonnement Max. Il reste possible de l'utiliser via l'API payante, ou de brancher un autre LLM — y compris un modèle open source hébergé en local, ce qui serait totalement gratuit. C'est d'ailleurs une piste que je garde en tête pour plus tard. Mais dans l'urgence, pas le temps de monter un LLM local. Il fallait migrer vite, et Cowork — l'outil natif d'Anthropic — était la solution la plus directe.
Mon OpenClaw tourne encore, et un jour peut-être, je testerai un modèle open source directement sur mon serveur. Pour l'instant, priorité à la continuité de service.
Cowork : le remplaçant
Cowork est l'outil d'Anthropic pour piloter Claude directement depuis le bureau. Là où OpenClaw était très orienté "scripts et agents autonomes", Cowork se veut plus accessible : une interface desktop, des connexions directes aux outils du quotidien (Gmail, Google Calendar, Notion, Airtable, n8n…), et la possibilité de planifier des tâches récurrentes.
Ce qui change par rapport à OpenClaw
En mieux : l'intégration est plus fluide. On connecte ses services en quelques clics, les tâches planifiées sont gérées nativement, et l'IA a accès à un vrai shell Linux pour exécuter du code quand c'est nécessaire. C'est aussi plus stable — moins de bricolage, plus de fiabilité.
En moins bien : on perd un peu en flexibilité brute. OpenClaw permettait de scripter des workflows très fins. Cowork encadre davantage les choses, ce qui est un avantage pour la plupart des cas d'usage, mais qui demande parfois de s'adapter.
Au final : pour mes besoins (veille automatisée, scan de mails, gestion de calendrier, mise à jour Notion), Cowork fait le job — et même mieux qu'avant sur certains points.
Ce qu'on a mis en place cette semaine
La veille Warhammer sur Discord
C'était un de mes projets depuis un moment : automatiser ma veille quotidienne sur l'univers Warhammer (40K, Age of Sigmar, The Old World, Blood Bowl…). Avec Cowork et n8n, on a monté un pipeline complet. Chaque matin, l'IA agrège les news des principales sources, les classe par univers, et envoie un résumé structuré directement sur mon serveur Discord.
Le résultat aujourd'hui, par exemple : nouvelles sorties Eye of Terror pour les Iron Warriors, mise à jour du MFM, rappel de la 11e édition Armageddon prévue en juin, le retour des Hauts Elfes à Blood Bowl… Tout ça envoyé automatiquement en 3 messages formatés, sans que je lève le petit doigt.
Le scan quotidien des mails
Deuxième gros chantier : remettre en place la surveillance automatique des mails, qui tournait avant sur OpenClaw. Désormais, chaque matin à 8h, Cowork scanne mes boîtes Gmail et OVH. Il détecte les convocations (conseil municipal, réunions), crée automatiquement les événements dans Google Calendar avec les bonnes infos (lieu, ordre du jour, rappels), met à jour Notion, et m'envoie un mail de synthèse.
On a testé en conditions réelles avec la convocation au conseil municipal du 8 avril : mail lu, événement créé, page Notion alimentée avec l'ordre du jour complet et une checklist de préparation. Zéro action manuelle.
Du code avec Claude Code
En parallèle de la migration, j'ai continué à avancer sur WarpaintVault avec Claude Code. Le workflow est toujours le même et il fonctionne très bien :
- Je passe en mode Plan et j'explique le problème — souvent un retour utilisateur à traiter
- Claude me propose un plan d'action détaillé
- Je valide (ou j'ajuste), il code
- Je vérifie que tout fonctionne
- J'envoie en production
Simple, efficace, rapide. Pour l'instant, je n'utilise pas d'outils complémentaires comme SpecKits ou B-Mad. SpecKits est un bon outil que j'ai déjà testé avec succès, mais je n'en ai pas eu besoin cette semaine. Quant à B-Mad, j'ai eu une expérience mitigée — j'y reviendrai peut-être dans un prochain billet.
Et cet article lui-même
Petit meta-moment : cet article est rédigé avec l'aide de Claude, justement via Cowork. Je lui donne le contexte, les points à couvrir, le ton à respecter, et on construit le texte ensemble. C'est exactement le type de tâche où l'IA excelle : structurer des idées, produire un premier jet propre, et me laisser affiner.
Ce que j'ai appris cette semaine
Une migration forcée, c'est toujours un peu stressant. Mais c'est aussi l'occasion de repartir sur des bases plus propres. Cowork est plus mature qu'OpenClaw sur l'intégration des services, et la transition m'a permis de simplifier certains workflows qui étaient devenus un peu usine à gaz.
L'autre leçon : quand on travaille avec des outils IA en évolution rapide, il faut accepter que tout bouge. Les outils changent, les API évoluent, les accès se ferment. Ce qui compte, c'est d'avoir des processus clairs et de savoir les reconstruire rapidement. C'est exactement ce que je propose aux entreprises que j'accompagne chez SK Systems : pas juste "brancher une IA", mais construire une méthode de travail qui résiste aux changements d'outils.